La crypte des Essarts est ce qui nous reste de l’ancien prieuré Saint-Pierre qui servait d’église paroissiale et qui est mentionnée pour la première fois dans une charte de 1182, consignée dans les manuscrits de Dom Fonteneau (LXII, page 46) par laquelle Pierre d’Aspremont, seigneur des Essarts, fait la donation « de l’église Saint Thomas martyr» à Dieu et à l’Abbaye Sainte Marie de Luçon
Ce prieuré dépendait donc de l’abbaye Sainte Marie de Luçon qui fut élevée par la suite en évêché en 1317.
Cette crypte est le vestige le plus significatif de l’ancienne église romane dont il reste également le portail qui a été démonté puis remonté à l’entrée du parc du château voisin.
La construction semble remonter à la fin du XIIème siècle. Elle forme un espace rectangulaire terminé en hémicycle à trois nefs d’égale largeur. Les dimensions (11m sur 4 m) sont relativement vastes pour une crypte. Le couvrement est assuré par une série de voûtes d’arêtes reposant sur deux rangées de cinq colonnes et sur des colonnettes jumelées, séparées par un petit dosseret et disposées en appliques sur les murs latéraux. Les chapiteaux gainés sont ornés de volutes de style ionique et de coquilles Saint-Jacques. Seules les voûtes de l’hémicycle sont anciennes. Elles sont plus hautes que celles des nefs qui ont été renforcées et habillées secondairement à l’aide de briques au XIXᵉ siècle et enfin enduites à la fin du siècle dernier.
Une porte murée est visible dans le mur nord. Elle devait donner accès à l’extérieur avant l’agrandissement de l’église romane. Les accès se faisaient normalement à l’ouest par deux petits escaliers, celui du côté sud a été dégagé et sort dans le bas-côté de l’église actuelle. L’éclairage du chevet et de la crypte était assuré par trois fenêtres, l’une d’elle a été murée lors de la construction de l’église nouvelle au XIXᵉ siècle.
Vers 1840, Ferdinand Chauvin signalait qu’autrefois existait un autel soutenu par de petites colonnes torses. De chaque côté de l’autel, à gauche une fresque au trait représentant un agonisant dont l’âme était recueillie par un ange et à droite une autre fresque figurant un pèlerin avec son bourdon. Au fond du caveau, entre les deux portes, il notait une troisième fresque, plus grande, qu’il pensait représenter la Jérusalem Céleste. Enfin, il y a vu un tombeau à deux compartiments rempli d’ossements. Actuellement, on peut remarquer des restes de peinture murale d’une grande qualité. Seul l’ange balançant un encensoir est bien discernable, la qualité du dessin nous fait regretter la disparition des autres parties, car, bien entendu, tous les murs de la crypte étaient couverts de fresques.
Au pied d’une colonne, au centre de la crypte se trouve une source, sorte de puits où l’on distinguait le départ d’une margelle. L’existence de cette source pourrait expliquer l’implantation à cet endroit d’un lieu de culte. Selon la tradition orale, les pèlerins avaient coutume autrefois de jeter un caillou dans le puits miraculeux, chaque pierre tombée avait pour effet de délivrer une âme du purgatoire.
Quelques faits historiques :
- En l’an 1203, “in festo Sancti Cypriani”, Maurice de Blason, évêque de Poitiers, vint au prieuré des Essarts où il termina un différend entre le prieur et Aimery le chapelain de la Roche-sur-Yon qu’il fit comparaître devant lui.
- Le mardi 18 mai 1305, Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux, 18 jours avant d’être élu Pape sous le nom de Clément V, visita le prieuré des Essarts. Le procès-verbal est conservé aux archives de la Gironde.
- Au XVIème siècle, il était écrit : « la Paroisse des Essarts a été l’une de premières du Poitou à connaître les erreurs nouvelles ». Une jeune fille des Essarts, Marie Bégaudeau, initiée à la doctrine nouvelle de l’Église Réformée, contredit le prêche d’un moine cordelier. Refusant de se dédire, elle fut arrêtée, jugée et brûlée vive aux Essarts en 1534.
- En 1653, Élisabeth de Vendôme, petite fille d’Henri IV et dame des Essarts, épouse du prince Charles-Emmanuel de Savoie-Nemours ancêtre des rois d’Italie, fait don au prieuré Saint Pierre d’une croix processionnelle en argent, ornée de ses armoiries.